Une île a beau être vaste, ses habitants n’en partagent pas moins des connexions  multiples et un sentiment d’appartenance qui la rendent souvent aussi petite qu’un village. Conséquence fâcheuse de cette mentalité insulaire, les potins et médisances circulent à vitesse grand V : l’anonymat des grandes villes est un luxe dont les îliens ont appris à se passer.

Sur le morceau du jour extrait de l’album « Ban-n Lan Cho », sorti en 1980 sur Mini Records, le troubadour haïtien Jules Similien, alias Toto Nécessité, nous propose un kompa midtempo où il est question d’une certaine Artémise. Celle-ci ne serait pas rentrée à Jérémie ou à Port-au-Prince et se serait sauvée avec le chanteur tantôt à Miami, tantôt à Boston. Forcément, ça jase et les commérages vont bon train, alors l’interprète met les choses au clair en douceur, de son timbre nasal légèrement cassé. Un morceau délicieusement chaloupé de l’un de nos interprètes préférés de la Perle des Antilles.

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