Sorti il y a 20 ans (et 1 jour), « The Miseducation Of Lauryn Hill » constitua un séisme musical dont les répliques se font encore sentir à ce jour. Achevant dans la plus parfaite harmonie l’union périlleuse entre hip hop, R&B, soul, reggae et pop, le premier album solo de l’ancienne membre des Fugees connut un remarquable succès en empruntant les chemins escarpés de l’exigence, refusant de délayer sa musique dans une quête fédératrice. Depuis, l’image de cet album dans l’inconscient collectif a été quelque peu ternie tant par les multiples disputes autour de la paternité réelle de l’œuvre que les errances de Ms. Hill dans les années qui suivirent sa sortie. Début fracassant d’une carrière solo de l’ex Fugee qu’on pensait assurément destinée au firmament, « The Miseducation Of Lauryn Hill » en reste à ce jour le zénith précoce.

Pour se rappeler à quel point cet album fut une énorme claque musicale à sa sortie et le reste deux décennies plus tard, nous n’avons pas choisi l’un de ses mégahits comme « Doo Wop (That Thing) » ou « Ex-Factor », mais le génial « Lost Ones ». Flirtant avec le dancehall, ce morceau enregistré en Jamaïque ouvre ce monumental album – et les hostilités – avec puissance et mélancolie. Aussi talentueuse à la rime qu’au chant, Ms. Lauryn Hill s’évite ici un choix cornélien  : avec ses couplets aux paroles féroces débitées de ce flow guttural signature et ses vocalises soul sur le refrain, L Boogie nous livre le meilleur des deux mondes. Percutant et dépouillé, « Lost Ones » voit son refrain agrémenté de quelques notes « piquées » à la guitare dans un style qui rappelle son ex acolyte (et ex tout court) Wyclef Jean, dont les oreilles ont dû sérieusement siffler à l’écoute des paroles de ce morceau…

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