We’re baaaaaack ! Notre All-Star break a duré plus longtemps que prévu, alors pour se faire pardonner, voici un 5 qui couvre tout le mois de mars, voire plus. Toujours la même formule, nous traitons 5 points essentiels de l’actu NBA récente et une ribambelle de brèves (mais néanmoins intenses).

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1/ La chute du roi

Encore et toujours les Lakers, me direz-vous ? Certes, mais à circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. Quel que soit l’angle duquel on la regarde, la saison des Lakers ne peut être considérée autrement que comme une catastrophe industrielle. Depuis les premières rumeurs du transfert d’AD fin janvier, la prestigieuse franchise californienne a explosé en vol, avec 17 défaites pour seulement 5 victoires. 4ème de la Conférence Ouest (20V-14D) au moment de la blessure de LeBron James contre les Warriors le 25 décembre, L.A. a dégringolé à la 11e place avec 31 victoires et 41 défaites. Le retour de blessure de LeBron n’a pas suffi à relancer des Lakers qui s’accrochaient depuis plusieurs semaines à l’espoir fou d’un retour digne de l’Undertaker pour se qualifier en playoffs. Le couperet est finalement tombé vendredi soir. Hasard du calendrier et comble de l’ironie, c’est aux mains de Nets menés par leur ancien choix de draft D’Angelo Russell, ce même Russell qui fut expédié loin des cieux californiens par un Magic Johnson critiquant ouvertement ses aptitudes de leader, que les Lakers ont subi cette défaite éliminatoire.

Face à cette perspective redoutée depuis plusieurs semaines, Los Angeles avait commencé à réduire la voilure. Lonzo Ball, déjà blessé, a été arrêté pour la saison. Plus inquiétant, Brandon Ingram, qui tournait à plein régime depuis début février (22,5 points, 6,1 rebonds, 2,8 assists, 51,2% de réussite aux tirs, 41,7% à 3 points) a lui aussi été arrêté à cause d’une blessure évoquant les problèmes de santé qui forcèrent Chris Bosh à mettre fin prématurément à sa carrière.  Mais un Ingram peut en cacher un autre : pour remplumer leur roster, et probablement détourner l’attention de leur fin de saison catastrophique avec un beau storytelling, les Lakers ont rappelé le journeyman Andre Ingram de la G League. Les ambitions du début de saison ont fait place à un tanking de rigueur quand on souhaite améliorer ses chances de décrocher un haut choix de draft.

Le roster assemblé en dépit du bon sens, les blessures, les déstabilisantes rumeurs de transfert, l’inexpérience de ses jeunes joueurs, un calendrier difficile sur la 2e moitié de la saison… Les raisons pour expliquer cette saison calamiteuse sont nombreuses, et en attendant le grand chambardement cet été et le probable renvoi de Luke Walton, les pointages de doigt et autres règlements de compte ont déjà commencé. Front office, coach, jeunes joueurs, vétérans, chacun porte une part de responsabilité dans cet immense fiasco. LeBron ne peut être dispensé de cet examen critique : annoncé comme le messie, il n’aura pas été capable d’inverser la tendance d’une équipe qui affiche le pire record NBA sur ces 6 dernières années. Il n’est pas exempt de tout reproche, notamment dans sa relation avec Luke Walton et la gestion de ses jeunes coéquipiers après les rumeurs de transfert pour AD (même si sur ce dernier point, le front office reste le premier responsable). L’étonnante décontraction qu’il a affichée ces dernières semaines ne tient pas face à la vérité du parquet : au fil des défaites, on a retrouvé un LeBron boudeur, absent en défense et capable d’erreurs grossières indignes de son niveau. C’est dans ce contexte de crise qu’il a dépassé le record de points en carrière de son idole et rival Michael Jordan dans une atmosphère de liesse factice, cette fantastique réalisation ternie par les déboires de sa nouvelle franchise.

2019, annus horribilis pour un King James dont la saison peut être résumée en une photo. Après 8 finales de suite, il ne verra pas les playoffs cette saison, une absence qui promet de laisser un grand vide, même pour ses détracteurs. James ne jouera pas la postsaison pour la première fois depuis le printemps 2005, époque à laquelle Apple n’avait pas encore lancé l’iPhone et Seattle possédait encore une franchise NBA. Après 16 années à plein régime, est-on en train d’assister à la chute du roi ? Sans vouloir surréagir à l’actualité des dernières semaines, certains signes inquiétants pourraient être annonciateurs de cette fin de règne. Si les statistiques individuelles sont toujours au rendez-vous, on ne sent plus la même emprise sur le jeu depuis son retour de blessure. C’est surtout au niveau physique que la différence est visible. Moins haut, moins vite, moins fort, le corps de James est-il encore en convalescence, ou cède-t-il finalement sous l’usure des milliers de minutes jouées depuis 16 ans ? Il faudra attendre la saison prochaine pour le savoir, et cette intersaison inhabituellement longue ne pourra que lui être bénéfique. Des voix se sont même élevées pour que les Lakers le mettent au repos jusqu’à la fin de la saison afin de l’économiser. D’autres, plus farfelues, proposaient même de le transférer cet été. En tant que passionnés du jeu, souhaitons que son réservoir ne soit pas vide : regarder le physique d’un immense champion lâcher sous le poids des années est aussi triste que de voir un parent vieillir.

 

2/ Course aux playoffs : la dernière ligne droite

A une dizaine de matchs de la fin de la saison régulière, les choses commencent à se préciser. A l’Est, Milwaukee fait toujours la course en tête et devrait décrocher la 1ère place de la conférence (et l’avantage du terrain qui va avec) sauf catastrophe. Pour se renforcer en prévision des playoffs, les Bucks ont eu la bonne idée de signer l’expérimenté Pau Gasol. Derrière, les Raptors et les Sixers se disputent la 2ème place, avec un retour en trombe de Philadelphie sur la dernière ligne droite. Les pugnaces Pacers, bien que privés de leur leader Victor Oladipo, tiennent la corde face à des Celtics toujours aussi cyclothymiques pour la 4ème et dernière place synonyme de premier tour à domicile. Les Pistons (10V-5D depuis le All-Star break) devraient renouer avec la postsaison grâce à la très belle saison de Blake Griffin, suivis de près par des Nets dont la cohésion et la combativité sont les premiers atouts. La dernière place se jouera a priori entre Miami, Orlando et Charlotte, les 2 franchises de Floride ayant pour le moment un léger avantage.

A l’ouest, alors que certains les présentaient comme une sensation passagère, les surprenants Nuggets de Denver disputent toujours la 1ère place à des Warriors qui connaissent leur coutumière baisse de régime de fin de saison (leurs récentes victoires sur le parquet des Rockets et du Thunder indiquent cependant qu’ils sauront se réveiller au moment opportun). Les Rockets et les Blazers devraient se partager les 2 autres places offrant l’avantage du terrain au premier tour. Derrière eux, 4 franchises ont mis les Kings à bonne distance pour les 4 dernières places qualificatives et se tiennent dans un mouchoir de poche : 1 seul petit match sépare le Thunder, le Jazz, les Clippers et les Spurs, les 4 équipes se livrant à un jeu de chaises musicales depuis quelques jours pour déterminer qui aura le malheur d’affronter les Warriors au premier tour.

 

3/ Peut-on défendre sur James Harden ?

Nous avons déjà largement chroniqué les exploits offensifs du MVP de la saison dernière  (et probable MVP de cette saison) dans ces colonnes. On ne peut pas dire que La Barbe ait levé le pied depuis, puisqu’il a scoré 61 et 57 points lors des 2 dernières rencontres disputées par les Rockets. Cela fait déjà 15 jours qu’il pourrait ne marquer aucun point jusqu’à la fin de la saison et tout de même finir meilleur marqueur de la ligue.

Face à cette chaleur volcanique à la marque, certains avouent leur impuissance quand d’autres tentent des mesures désespérément extrêmes comme la prise à 4. La question se pose : peut-on défendre sur James Harden ? Au-delà de son aspect métaphysique, c’est l’aspect technique de cette question qui nous intéresse ici, à savoir : le jeu actuel, tel qu’il est organisé et arbitré, permet-il de défendre sur James Harden ?

Le stepback, arme létale de sa palette offensive, est potentiellement litigieux sur 2 points. Tout d’abord, James Harden commet-il une faute en poussant le défenseur avec son bras ? Harden est loin d’être le seul à décoller son bras du corps pour effectuer une « poussette » plus ou moins discrète sur son défenseur direct afin de créer de l’espace pour shooter. Si ce mouvement n’est pas légal, il est toléré depuis longtemps et tant que la poussette reste discrète, on doute que les arbitres sifflent cette faute.

Ensuite, James Harden commet-il un marcher sur ce mouvement ?

Sur cette vidéo, Harden prend 5 appuis après la fin de son dribble. En étant très généreux, on compte 3 à 4 pas après le « gather », ce moment où le joueur contrôle la balle à 2 mains et à partir duquel il n’a le droit qu’à 2 pas. D’après les règles en vigueur en NBA, il y a donc clairement marcher, pourtant celui-ci n’est jamais sifflé contre lui. Par contre, il a été sifflé contre Steph Curry, qui a tourné cette décision en dérision en faisant clairement référence à Harden pour suggérer l’incohérence de cette différence de traitement.

Quand il ne commet pas de poussette avec le bras et qu’il prend moins de pas de recul, son stepback n’est plus inarrêtable. Dès lors, la ligue doit-elle changer sa façon d’arbitrer James Harden ? Cela ne serait pas la première fois qu’elle devrait s’adapter à un joueur hors normes pour équilibrer le jeu : si elle avait encouragé les arbitres à siffler toutes les fautes commises sur le Shaq du 3-peat des Lakers ou LeBron, ces derniers auraient passé la moitié de leur vie sur la ligne des lancers francs. James Harden est un joueur incroyablement brillant et talentueux, et tester les limites des règles fait partie de son brio offensif. Il démontre également une aptitude prononcée au flopping, comme vu ici ou encore , et cela en agace certains.

A trop bénéficier des coups de sifflet des arbitres, on risque de penser que ceux-ci sont un dû. Pour éviter que ce phénomène ne prenne de l’ampleur et ne cause une différence durable de traitement dans son arbitrage, la ligue doit être vigilante. Sur ce point, les playoffs à venir et leur jeu plus physique seront un bon indicateur, et il sera intéressant de voir quelles sont les fautes qui seront sifflées ou non sur La Barbe.

 

4/ La dernière danse de D-Wade

Il ne reste désormais qu’une poignée de matchs pour admirer les dernières salves de l’un des meilleurs 2èmes arrières de tous les temps, et on peut dire que Dwyane Wade sait comment satisfaire son public. Feintes de grand-père, shoots au buzzer, paniers du milieu du terrain, D-Wade a sorti toute la panoplie ces dernières semaines. C’est ce qui s’appelle finir en beauté ! A le voir naviguer sans effort dans les défenses adverses, on en viendrait presque à douter du bienfait de cette retraite toute proche.

En parfait ambassadeur du jeu, il profite de ces derniers matchs pour transmettre son expérience et encourager la jeune génération, comme lors de cet échange de maillots avec le rookie des Hawks Kevin Huerter, qui porte le numéro 3 en hommage à l’idole de son enfance D-Wade. Au passage, il a aussi reçu quelques beaux cadeaux d’anciens rivaux en retour. Un beau crépuscule pour ce joueur qui figure déjà dans le top 5 des meilleurs 2èmes arrières de tous les temps.

 

5/ Le rapport joueurs/fans en question

Une discussion moins plaisante mais nécessaire à aborder au vu de l’actualité récente, celle de la juste distance entre fans et joueurs. Tout est parti d’une altercation verbale entre Russell Westbrook et un fan du Jazz lors de la rencontre entre OKC et Utah disputée dans l’arène de Salt Lake City le 11 mars dernier. D’après Russ, les commentaires du « fan » en question étaient profondément irrespectueux, et un examen du compte Twitter de ce dernier a suffi à corroborer les dires du meneur d’OKC.  On sait que Westbrook est parfois à fleur de peau et qu’il a tendance à s’écharper avec ses adversaires sur le parquet (Patrick Beverley, Joel Embiid, toute l’équipe des Blazers avec une mention spéciale à Jusuf Nurkic), mais cela ne suffit pas à expliquer ce triste épisode. Inconscience ou provocation, les interactions inappropriées de certains membres du public à son encontre sont largement documentées, notamment dans l’arène d’Utah. A son crédit, le Jazz a réagi prestement et fermement. Du propriétaire de l’équipe à son GM et son coach, en passant par le joueur star et les fans, tous les niveaux de la franchise de Salt Lake City ont vigoureusement dénoncé cette situation inacceptable et les trouble-fêtes sont désormais bannis de l’arène.

Aux dires de nombreux joueurs ayant réagi à l’incident, le phénomène est loin d’être isolé. Sans s’aventurer à expliquer ses raisons au risque de verser dans la sociologie de comptoir, le constat est là : certains fans enhardis oublient les règles de la bienséance et se permettent vis-à-vis des joueurs des paroles et des actes qui dépassent largement les limites d’un trash talking acceptable. La NBA a demandé à ses 30 franchises de redoubler de vigilance sur ce point car elle sait tout ce qu’elle a à perdre : sur cette question plane l’ombre pesante du pétage de plomb de Ron Artest au Palace d’Auburn il y a 15 ans, un dérapage incontrôlé qui a longtemps terni l’image de la ligue et pourrait se produire à nouveau si cette question de la juste distance entre joueurs et fans n’est pas abordée de front.

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Sur le banc :

→ James Dolan, le très contesté propriétaire des Knicks, a banni un spectateur du Madison Square Garden qui lui demandait de vendre la franchise. Même si l’intéressé dément fermement, Dolan explorerait pourtant cette possibilité actuellement. Les fans des Knicks à travers le monde entier croisent les doigts et les orteils…

→ Le step back, il y a ceux qui ont le truc et ceux qui pensent l’avoir.

→ Le revenant Joakim Noah célèbre ses shoots à mi-distance comme certains ne célèbrent même pas un 3 points au buzzer de l’autre bout du terrain. En tout cas, il a l’air d’aimer Memphis. Oui, vraiment beaucoup.

→ En parlant de débordement d’émotions, ce petit gars doit avoir un lien de parenté avec Kawhi Leonard.

→ Kareem Abdul-Jabbar, la classe ultime.

→ On a retrouvé le jumeau maléfique de Steven Adams.

→ A saisir : places pour les matchs des Lakers, quasi neuves, peu servies. Prix négociable. Si intéressés, contacter M. Snoop Chien.

→ Même la pire brute peut parfois faire preuve de finesse.

→ Quand tu crois avoir entendu la sonnerie de fin de cours et que le prof te fait revenir en classe alors que tu es déjà dans le couloir.

→ Bogut, de retour chez les Warriors, se fait siffler pour un écran mobile sur sa première action. L’australien a une image de marque à défendre.

→ D’Angelo Russell  nous a gratifiés d’un superbe Shammgod.

→ Un français expatrié reste avant tout un français, surtout quand il s’agit de cuisine.

→ Le 2 mars 1962, Wilt Chamberlain scorait 100 points. Le 2 mars 2018, JR Smith jetait sa soupe sur Damon Jones, l’assistant coach des Cavs. Tous les 2 mars ne se valent pas.

→ A ce propos, on connaît enfin le fin mot de l’histoire concernant ce jet de soupe. Du pur journalisme d’investigation.

→ Sheed a encore de nombreux disciples en NBA. Avec son nouveau poste d’entraîneur au lycée Jordan, il va pouvoir transmettre la bonne parole du « ball don’t lie » aux générations futures.

→ Mars est le mois des giboulées. C’est aussi le mois des cassages de chevilles pour Donovan Mitchell.

→ Zaza aussi a cassé des chevilles, et pour une fois, ce n’était pas en défense.

→ Il s’est passé quoi, là ???

→ Comment achever son coéquipier, en une leçon.

→ CP3 a dépassé Isiah Thomas au nombre d’assists en carrière.

→ Steve Kerr « n’est pas tout à fait d’accord avec l’approche de Draymond ». Ou autre chose.

→ Joel Embiid a un chien nommé d’après l’ancien GM des Sixers inventeur du Process. Et ce n’est pas le plus fou : regardez donc sa niche !

#FrenchCancan.

→ Charles Oakley, toujours très ami avec Sir Charles

→  Homme de Cro-Magnon ou homo habilis ?

→  Vous vous demandiez tous ce qu’était devenu Don Nelson ? Il profite de sa retraite dans une atmosphère trèèèèèès détendue.

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